Quel avenir pour le CPA dans les 5 ans ?

Entré en vigueur début 2017, le Compte personnel d’activité (CPA) est un outil indispensable pour sécuriser les parcours professionnels des travailleurs du XXIe siècle et accompagner les transformations des activités, des formes d’emploi et la montée en compétences qui en découle.

Il n’est encore cependant que le « réceptacle » de trois comptes personnels, le Compte personnel de formation (CPF), le Compte personnel de prévention de la pénibilité (C3P) et le Compte d’engagement citoyen (CEC). Ce qui n’est à la hauteur ni des ambitions initialement affichées, ni des enjeux identifiés par les auteurs de cette note.

Le CPA au cours du prochain quinquennat devra en effet progresser dans trois directions prioritaires. Il devra 1) devenir un véritable levier pour lutter contre les inégalités face la formation des travailleurs les moins qualifiés, 2) s’élargir à une banque du temps pour répondre à la revendication croissante des individus de mieux articuler leurs différents temps de vie dans la perspective d’un allongement de la durée de vie, y compris professionnelle, 3) s’imposer comme un portail unique des droits sociaux.

Ces objectifs ne pourront pas être atteints sans un accompagnement renforcé des individus dans l’usage du CPA, travailleurs mais aussi employeurs et partenaires sociaux, et une meilleure gouvernance à moyen et long terme, pour tous les types d’actifs.

Quelles évolutions souhaitables

Quelles évolutions souhaitables pour le CPF ?

Plusieurs orientations sont possibles pour faire évoluer le CPA et la proposition portée dans cette note repose sur les trois scénarios présentés par France Stratégie dans son rapport de préfiguration du CPA

– scénario 2 tourné vers la banque du temps,

– scénario 3 orienté vers un portail unique des droits.

Selon nous, le CPA au cours du prochain quinquennat (2017-2022) devra progresser dans ces trois directions qui formeront les trois grands axes de la présente réflexion (parties I à III). Mais chacune de ces directions soulève des difficultés d’accompagnement, de pédagogie et de gouvernance qui devront être prises en compte et surmontées (dernière partie). Dans tous les cas, les principes et règles qui régissent la mobilisation du CPA doivent refléter le contrat social du moment et elles doivent pouvoir évoluer en fonction des choix collectifs.

LE CPA, BANQUE DU TEMPS

Cette seconde orientation entend faire droit à la revendication croissante des individus de mieux articuler leurs différents temps de vie dans la perspective d’un allongement de la durée de vie, y compris professionnelle. Alors que les parcours sont moins linéaires, que les transitions professionnelles sont de plus en plus subies pour une partie de la population exposée à la flexibilisation du marché du travail, il s’agit de redonner de la liberté aux personnes, de leur offrir plus de choix dans la conduite de leur vie, plus de sécurité aussi dans les transitions et leur permettre in fine de mieux vivre leur travail. Cela ne concerne pas seulement la conciliation vie professionnelle-vie familiale mais la vie personnelle au sens large, qu’il s’agisse de s’occuper de ses enfants ou de ses parents, de s’engager dans des activités extra-professionnelles ou de faire face à des moments de rupture ou de réorientation professionnelle.

Le CPA pourrait aussi permettre d’expérimenter de nouvelles voies professionnelles en garantissant un retour en arrière , si nécessaire pour sécuriser le choix d’une nouvelle orientation professionnelle. Il s’agit d’une orientation centrale susceptible de répondre aux enjeux économiques et sociétaux en proposant une vision du temps de travail tout au long de la vie qui permette de concilier qualité de vie et des emplois et compétitivité des entreprises. Dans la lignée des travaux d’Alain Supiot, le CPA peut être l’outil d’une réappropriation par les individus de leur vie et d’une plus grande réalisation dans le travail. Rééquilibrer les différents temps de vie peut en effet être un moyen de donner une place plus équilibrée et plus juste au travail. C’est aussi un moyen de repenser l’organisation du travail et la qualité de vie au travail dans le cadre de négociations d’entreprise (enjeux de flexibilité interne).

Lire l’étude complète ici

Arnaud

Web Entrepreneur, Co-fondateur de @Lingueo - Chroniqueur @BFMBusiness et Rédacteur en chef @CPFormation #EdTech #Formpro En savoir plus sur l'auteur de cet article

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